La branche stable de Satisfactory est passée en 1.2.3.1 (build 495413) le 24 juin 2026, d’après les notes de version officielles. Sur un serveur dédié installé avec SteamCMD, rien ne se déclenche tout seul : tant que la commande de téléchargement n’est pas relancée, la machine reste sur son ancienne version, alors que le client Steam de vos joueurs, lui, s’est déjà mis à jour. Un client à jour ne peut pas rejoindre un serveur resté en arrière. Ce tutoriel montre comment mettre à jour un serveur Satisfactory dédié sans perdre la partie en cours : arrêt propre, copie des sauvegardes, commande SteamCMD, puis contrôles. Linux et Windows sont traités séparément. Comptez une quinzaine de minutes, hors temps de téléchargement.
SteamCMD est la version en ligne de commande du client Steam : elle met à jour les fichiers d’un serveur sans interface graphique. C’est la méthode recommandée par la documentation officielle, et le serveur dédié Satisfactory y porte l’identifiant 1690800.
Relever la version installée et l’état des mods
Avant toute chose, sachez d’où vous partez. La version réellement lancée par votre serveur apparaît dans son journal, situé dans le dossier d’installation :
<dossier_installation>/FactoryGame/Saved/Logs/FactoryGame.logLe journal en cours s’appelle toujours FactoryGame.log ; les précédents sont archivés sous la forme FactoryGame-backup-DATE-HEURE.log. Sous Linux, quinze fichiers au maximum sont conservés. Vous pouvez aussi ouvrir le Server Manager (le gestionnaire de serveurs du menu principal du jeu) et regarder la fiche du serveur.
Si votre serveur fait tourner des mods, c’est ici que la mise à jour peut coincer. Ils reposent sur SML, le Satisfactory Mod Loader, la couche qui les charge au démarrage. SML doit correspondre à la version du jeu, et chaque mod est mis à jour indépendamment par son auteur. Vérifiez leur compatibilité sur le dépôt officiel ficsit.app avant de lancer la mise à jour, pas après.
Côté accès, prévoyez une session SSH sous Linux ou un bureau à distance sous Windows, avec le compte propriétaire des fichiers du serveur. La documentation recommande un utilisateur sans privilèges root, par exemple steam.
Éteindre le serveur avec la bonne méthode
Un serveur Satisfactory écrit encore des fichiers au moment de s’arrêter. Le tuer brutalement — fermer la fenêtre par la croix, couper la machine — revient à interrompre ces écritures.
La méthode la plus propre, quel que soit le système, consiste à utiliser la fonction Shutdown de l’API HTTPS du serveur, ou à taper la commande quit dans l’onglet Console du serveur depuis le Server Manager. À défaut, la procédure dépend du système.
Linux
Si le serveur tourne comme service systemd, arrêtez l’unité (remplacez satisfactory par le nom réel de votre unité) :
sudo systemctl stop satisfactorySinon, envoyez un signal SIGINT au processus. Vérifiez ensuite qu’aucune instance ne subsiste : la commande ci-dessous ne doit rien renvoyer.
pgrep -f FactoryServer.shWindows
Si le serveur tourne dans une fenêtre affichant les journaux en direct, cliquez sur cette fenêtre pour lui donner le focus, puis faites Ctrl + C. Ne fermez pas la fenêtre avec la croix : le processus serait tué instantanément, sans laisser au serveur le temps de terminer ses écritures. S’il tourne en service, arrêtez-le depuis l’onglet Services du Gestionnaire des tâches. Contrôle :
tasklist | find "FactoryServer.exe"Mettre les sauvegardes à l’abri
À lire avant de continuer. La documentation officielle du serveur dédié ne décrit que deux branches de téléchargement : la branche stable et la branche experimental. Aucune branche publique ne permet de réinstaller une version antérieure précise. La copie que vous faites maintenant est donc votre seule véritable solution de repli.
Copiez l’intégralité du dossier SaveGames, qui contient à la fois les parties du serveur et son fichier de réglages. Son emplacement dépend du compte sous lequel le serveur tourne :
| Configuration | Dossier des sauvegardes |
|---|---|
| Linux | ~/.config/Epic/FactoryGame/Saved/SaveGames/server |
| Windows (session utilisateur) | %LocalAppData%\FactoryGame\Saved\SaveGames\server |
| Windows (service NSSM) | %WINDIR%\System32\config\systemprofile\AppData\Local\FactoryGame\Saved\SaveGames\server |
| Windows Server (service) | %WINDIR%\ServiceProfiles\NetworkService\AppData\Local\FactoryGame\Saved\SaveGames\server |
Un cran au-dessus du dossier server se trouve le fichier de réglages, nommé ServerSettings.PORT.sav — par exemple ServerSettings.7777.sav pour un serveur sur le port 7777. Il contient le nom du serveur, les mots de passe administrateur et joueur, la session chargée au démarrage et le certificat : copiez-le aussi. Le dossier voisin blueprints abrite vos plans de construction.
Sous Linux, une copie datée de l’ensemble tient en une ligne :
cp -a ~/.config/Epic/FactoryGame/Saved/SaveGames ~/sauvegarde-satisfactory-$(date +%F)Sous Windows, robocopy fait le même travail :
robocopy "%LocalAppData%\FactoryGame\Saved\SaveGames" "D:\Sauvegardes\Satisfactory-2026-08-03" /ETerminez en recopiant cette archive ailleurs que sur la machine de jeu. Une sauvegarde stockée sur le disque qui vient de tomber en panne ne sert à rien.
Lancer la mise à jour avec SteamCMD
La commande d’installation et la commande de mise à jour sont identiques : SteamCMD compare les fichiers locaux au dépôt et ne télécharge que la différence. Le mot-clé validate ajoute une vérification d’intégrité de tous les fichiers ; c’est plus lent, mais recommandé après une montée de version.
Linux
steamcmd +force_install_dir ~/SatisfactoryDedicatedServer +login anonymous +app_update 1690800 validate +quitWindows
.\steamcmd.exe +force_install_dir "C:\GameServers\SatisfactoryServer" +login anonymous +app_update 1690800 validate +quitDans les deux cas, la valeur de +force_install_dir doit être exactement le dossier où votre serveur est déjà installé. Un chemin différent ne met rien à jour : il crée une seconde installation à côté de la première, et vous relancerez l’ancienne sans comprendre pourquoi la version n’a pas bougé. Sous Windows, encadrez le chemin de guillemets s’il contient des espaces. La connexion se fait avec anonymous : aucun compte Steam n’est requis.
Rester sur la branche stable
Si vous aviez basculé le serveur sur la branche de test en ajoutant -beta experimental, retirer simplement cette option ne suffit pas toujours : Steam mémorise la branche sélectionnée. Pour forcer le retour sur la branche stable, ajoutez explicitement -beta public à la commande.
steamcmd +force_install_dir ~/SatisfactoryDedicatedServer +login anonymous +app_update 1690800 -beta public validate +quitContrôler que le serveur est bien reparti en 1.2.3.1
Relancez le serveur depuis son dossier d’installation. Sous Linux, ./FactoryServer.sh, ou sudo systemctl start satisfactory si vous passez par systemd. Sous Windows, depuis l’invite de commandes ou PowerShell :
.\FactoryServer.exe -log -unattendedTrois contrôles suffisent ensuite. D’abord, le processus tourne : pgrep -f FactoryServer.sh renvoie un numéro sous Linux, tasklist | find "FactoryServer.exe" renvoie une ligne sous Windows. Ensuite, les ports sont bien à l’écoute. Depuis le correctif 1.1.0.0, un serveur Satisfactory a besoin de deux ports distincts, et pas d’un seul :
| Port | Protocole | Paramètre | Usage |
|---|---|---|---|
| 7777 | TCP | -Port= | Trafic serveur, API HTTPS |
| 7777 | UDP | -Port= | Trafic de jeu, API de requête légère |
| 8888 | TCP | -ReliablePort=, -ExternalReliablePort= | Trafic de jeu, messagerie fiable |
Le port standard ne supporte pas la redirection : sur la règle de votre routeur, le port externe et le port interne doivent porter le même numéro. Le port de messagerie fiable, lui, peut être remappé avec -ExternalReliablePort=. Les ports 15000 et 15777, utilisés avant la 1.0, ne servent plus.
Sous Windows, PowerShell liste les ports UDP ouverts par le processus du serveur :
Get-NetUDPEndPoint | Select-Object LocalAddress, LocalPort, @{Name="Process";Expression={(Get-Process -Id $_.OwningProcess).ProcessName}} | Where-Object{$_.Process -like "FactoryServer-Win64-Shipping-Cmd"}Enfin, ouvrez le Server Manager depuis le menu principal du jeu : le serveur doit apparaître en ligne, et la session doit se charger. C’est le seul test qui valide la chaîne complète, du binaire jusqu’au réseau.
Le serveur est à jour quand :
- le processus
FactoryServerest présent ; - les ports 7777 TCP, 7777 UDP et 8888 TCP sont en écoute ;
FactoryGame.logse remplit sans erreur au démarrage ;- le serveur s’affiche en ligne dans le Server Manager ;
- votre partie se charge et vos joueurs se connectent.
Erreurs connues et retour arrière
SteamCMD s’arrête sur state is 0x606 after update job. La page officielle des serveurs dédiés consacre une section à cette erreur SteamCMD ; commencez par regarder l’espace disque restant et les droits d’écriture sur le dossier d’installation.
Le serveur refuse de démarrer avec SteamAPI_Init(): Sys_LoadModule failed to load suivi d’un chemin vers steamclient.so. C’est une erreur Linux répertoriée, liée aux bibliothèques Steam attendues par le serveur ; la même page de documentation détaille sa résolution.
Les clients affichent « Certificate Verify Result: certificate is not yet valid ». Vérifiez l’heure, le fuseau horaire et l’heure UTC de la machine cliente, puis ceux du serveur. Si l’horloge du serveur était fausse, corrigez-la, arrêtez le serveur, supprimez le fichier ServerSettings.PORT.sav, puis redémarrez.
Attention. Supprimer ServerSettings.PORT.sav réinitialise aussi le nom du serveur, le mot de passe administrateur, le mot de passe joueur, la session chargée automatiquement et le certificat. Le serveur devra être réclamé et reconfiguré depuis le Server Manager. Ne le faites que si vous avez épuisé les autres pistes.
Vos mods ne se chargent plus. C’est le cas de figure le plus fréquent après une montée de version majeure. Revenez sur ficsit.app pour vérifier que SML et chacun de vos mods disposent d’une version compatible.
Et si la mise à jour se passe mal ? Il n’existe pas de procédure officielle pour redescendre le serveur dédié à une version précise antérieure. Le retour arrière consiste donc à réinstaller proprement les fichiers sur la branche stable, avec la commande -beta public vue plus haut, puis à remettre en place la copie du dossier SaveGames réalisée avant l’opération. Une partie ouverte et resauvegardée en 1.2.3.1 n’est pas prévue pour être relue par une version plus ancienne : c’est bien la copie faite avant la mise à jour qui vous protège, pas celle d’après.
Passer par un panel plutôt que par SSH
Toute la procédure ci-dessus suppose un accès système à la machine. Sur un serveur loué, le Panel Koinswift regroupe ces gestes dans une interface : sélection de version, sauvegardes et gestionnaire de fichiers, sans ligne de commande ni accès SSH. Les offres Satisfactory démarrent à 9,99 €/mois pour l’offre Starter, qui inclut deux emplacements de sauvegarde, sur une infrastructure Intel Xeon et un réseau sécurisé et filtré. Le support est joignable 7 j/7 si une montée de version tourne mal.
Un point utile au moment de choisir une machine : d’après un développeur de Coffee Stain cité dans la documentation des serveurs dédiés, le serveur crée de nombreux threads, mais sa boucle de jeu reste fondamentalement mono-thread — un cœur travaillera toujours plus que les autres. La performance par cœur pèse donc davantage que leur nombre. Le reste dépend de la taille de votre usine, du nombre de joueurs et des mods : aucune valeur générique ne remplace un test sur votre propre partie.
Pour aller plus loin
- Serveurs dédiés — wiki officiel Satisfactory : la référence pour les commandes, les chemins de fichiers, les ports et les erreurs courantes.
- Notes du correctif 1.2.3.1 : la liste complète des corrections apportées par la version installée dans ce tutoriel.
- Documentation SteamCMD de Valve : l’installation de SteamCMD elle-même, détaillée pour Windows et Linux.
- Versions de SML sur ficsit.app : à consulter avant chaque montée de version si votre serveur est moddé.
- Sauvegarder un serveur Palworld avant une mise à jour : le même réflexe appliqué à un autre jeu, avec ses propres chemins de fichiers.
D’autres procédures serveur sont regroupées dans la rubrique Tutoriels.



